jeudi 11 janvier 2007

Une rencontre ...

Enfin, la porte s’ouvrit. Je pénétrais pour la première fois dans ce lieu. Il était l’un des rares endroits de la maison qui nous était interdit, avec le grenier et la cave. A ce moment précis, je pestai en moi-même, je crois que même la cave me semblait moins effrayante que le bureau de mon grand-père. Mais je ne pouvais plus reculer, sous les yeux de mes deux frères, j’entrais dans cet endroit mystérieux, centre de bien des légendes dans le cercle de famille. Mon grand père s’y enfermait pendant des heures, et nul ne pouvait dire ce qui s’y tramait. Oh, il y avait bien mon cousin Nicolas qui prétendait y être entré. Il avait raconté qu’il y avait vu une grande cheminée, et des livres. Assurément, il y avait de la magie dans l’air …

Je referma la porte derrière moi, il y eu un grincement … c’était le parquet … Le cousin n’avait pas mentit, il y avait en face de la porte, une énorme cheminée avec une façade en marbre, un feu rougeoyant y était agonisant. Et à ma gauche, une gigantesque étagère qui courait tout le long du mur. Il y avait cette odeur de tabac… le préféré de mon grand-père, mais aussi une odeur de cuir, celui du fauteuil qui était près d’un bureau juste devant la fenêtre à ma droite. Je ne distinguais pas les murs, ils étaient tous couverts par d’énormes étagères qui montaient jusqu’au plafond, toutes remplies de livres. Seul le dessus de la cheminée était dégagé, et laissait apparaître un mur beige clair. La dernière photo de famille y était disposée.

J’étais bien résigné à faire mieux que mon cousin Nicolas, il me fallait un trophée mais que prendre … Un livre ? Non trop lourd, un stylo plutôt. Je m’approchai alors du bureau. J’escaladai le fauteuil, et là je le vit … Le grimoire de mon grand-père !!! Il était la devant mes yeux, ouvert … Je ne pu résister, et je commençai à lire. Cela parlait d’un sage qui monta sur une montagne accompagné par ses disciples et suivit d’une foule. Je l’imaginais comme mon instituteur, un homme très grand, les cheveux poivre et sel, avec des lunettes. Il emmenait ses élèves en classe verte, moi aussi, la semaine dernière, j’avais été en classe verte, et même qu’il avait beaucoup plu. Visiblement dans l’histoire du grimoire, il n’avait pas plu et ils avaient pu gravir la montagne pour entendre la leçon. L’instituteur dit alors à ses élèves : « Heureux les pauvres car le royaume des cieux est à eux. Heureux les doux car il posséderont la terre. Heureux les affligés car ils seront consolés. Heureux ceux qui ont faim et soif de justice car ils seront rassasiés. Heureux les miséricordieux car ils obtiendront miséricorde. Heureux ceux qui ont le cœur pur car il verront Dieu. Heureux les artisans de paix car il seront appelés fils de Dieu. » C’est une drôle de leçon, leur instituteur ne leur parle pas des arbres, des champignons ni des feuilles, il leur parle d’être heureux… Et c’est quoi un miséricordieux ??? J’aimerai bien rencontrer cet instituteur pour qu’il m’explique tout ça, avais-je pensé. C’est alors que je ne sais pas pourquoi, mais je me mis à pleurer…

« Qu’y a-t-il mon garçon ? » dit une voix familière.

Mon grand père était entré dans le bureau et m’avais trouvé penché sur le grimoire. Je ne l’avais pas entendu entrer, et il n’avait rien dit jusqu’à présent. C’est ainsi que j’ai rencontré ces deux personnes qui ont rythmé toute mon enfance, mon grand-père qui à partir de ce jour et devenu mon instituteur particulier et le Grand Instituteur, ou comme l’appeler mon grand père : Mon meilleur ami, Jésus… J’ai appris à les connaître tous les deux car ils étaient inséparables du moins le pensais-je jusqu’à un certain moi de décembre…

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